L’Imilchil Moussen ou la Fête des Mariés

L’Imilchil Moussen ou la Fête des Mariés

Imilchil est un petit village situé au centre du Maroc, dans la province de Midelt. Perché à 2 119 mètres d’altitude dans la vallée de l’Assif Mellou, il est entouré de montagnes culminant à plus de 3 000 mètres. Ce village, inaccessible en hiver, abrite la plus importante concentration des tribus berbères ancestrales du pays.

Il y a à peine 25 ans, Imilchil n’était qu’un village parmi d’autres dans la vallée, avec ses maisons en pisé, ses khasbahs et autres éléments caractéristiques de la région. En 2007, il figurait parmi les rares villages non raccordés au réseau électrique, lequel ne le fut qu’à la fin de l’année 2008. La région d’Imilchil est le berceau de la tribu des Aït Hdiddou, bergers nomades, l’une des plus importantes tribus berbères du Maroc au XIe siècle.

Imilchil est un village imprégné de traditions, de mythes et de légendes. Ce village est réputé pour sa « Fête des Mariés ». La date de cette fête, appelée moussen, n’est pas fixe, mais elle a généralement lieu à la mi-septembre ou à la fin septembre, une fois les récoltes terminées et avant l’arrivée du rude hiver. Le moussen d’Imilchil consiste en la célébration, avant l’hiver, d’un mariage collectif entre couples issus de différentes tribus berbères.

Le moussen est célébré aux portes du morabito (un ermitage) de Sidi Ahmed Oulmghenni, lieu de pèlerinage musulman situé dans la vallée d’Assif Melloul, à 20 kilomètres de la ville d’Imilchil. Sidi Mohammed El Maghani, saint patron de la tribu des Aït Hdiddou, y est enterré, et l’on croit que toute union bénie par El Maghani sera prospère et durable. Circuits au Maroc (8 jours)

Pendant trois jours, environ 30 000 montagnards installent leurs tentes avec leurs familles, leurs troupeaux, leurs chevaux et leurs chameaux. Jusqu’à 50 couples signent un certificat de mariage devant un juge le même jour, même si aucun mariage n’est célébré durant le festival.

Pour la cérémonie, les femmes portent des vêtements traditionnels colorés, se maquillent et se couvrent d’un châle traditionnel en laine à fines rayures colorées, appelé ahendir, qui permet de distinguer les tribus. Les femmes mariées, veuves et divorcées portent une coiffe conique, tandis que les jeunes filles célibataires portent une coiffe plate. Les futurs époux portent des costumes blancs ou de couleur claire et se couvrent la tête d’un turban de la même couleur.

Pendant les jours du moussen, Imilchil se transforme en une fête berbère animée de musique, de danses, de spécialités culinaires et de costumes traditionnels colorés. Les festivités traditionnelles sont accompagnées du « Festival de la musique des sommets ».

Sur une vaste esplanade, des étals de souk sont installés, où l’on vend principalement des céréales, du fourrage, des bijoux, des vêtements d’occasion, des objets en plastique et autres articles de première nécessité pour la vie quotidienne à la montagne. On y trouve également des restaurants, des confiseries, des stands de friture, des boucheries et tous les services nécessaires aux festivaliers.

On dit que ce festival s’inspire d’une légende :

La légende raconte que deux jeunes gens tombèrent éperdument amoureux au Maroc. Malheureusement, ils appartenaient à des tribus ennemies et leurs familles refusèrent de les laisser se marier. Désespérés et tristes, ils pleurèrent chacun de leur côté. Ils pleurèrent jour et nuit jusqu’à former deux lacs de larmes.

Leur chagrin était si profond qu’ils se suicidèrent en se noyant dans ces lacs. Ces lacs portent le nom d’« Isli », en son honneur, qui signifie « époux », et d’« Islit », en son honneur, qui signifie « épouse ». Mais même après la mort, ils ne purent se retrouver. La montagne qui sépare les deux rivières fait office de gardienne, séparant également leurs âmes, les laissant se languir l’un de l’autre dans la mort comme ils se languissaient l’un de l’autre de leur vivant.

Cet acte de désespoir des deux amants a dévasté les deux tribus berbères, et les parents ont décidé qu’à partir de ce moment, les jeunes hommes auraient la liberté totale d’épouser la personne de leur choix. Aujourd’hui, les tribus voisines se rassemblent près de ces lacs, et ce sont les femmes qui choisissent leurs futurs époux .

L’Imilchil Mouseen est une cérémonie commémorant l’amour, la douleur et la tragédie qui ont marqué les deux amants. Leurs regards échangés, leurs mains qui s’effleurent, leurs sourires s’accompagnent jusqu’à ce que les deux jeunes gens se rapprochent et engagent la conversation. S’ils s’apprécient, ils en parleront à leurs familles respectives, qui devront donner leur accord. Plus tard, le mariage sera organisé plus officiellement dans leur village. En cas de mariage malheureux, le divorce est autorisé.

C’est aussi l’occasion pour les tribus d’échanger du bétail, des produits agricoles et artisanaux. C’est également une opportunité pour les personnes de différentes tribus de se rencontrer, d’échanger et de partager leurs traditions culturelles.

Pendant des années, ce festival était privé ; seuls les membres des familles tribales étaient autorisés à y participer. Aujourd’hui, en raison de l’intérêt croissant pour les différentes cultures et traditions, les touristes sont admis, attirant des centaines de visiteurs et de membres de tribus de toute la région. Tours en Maroc

Le Moussem d’Imilchil vaut vraiment le détour pour s’imprégner de l’atmosphère festive typiquement berbère.

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