Chutes d’Akchour et Pont des Dieux
Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas vraiment un grand sportif. Chaque fois que je vois des gens courir dans la rue tôt le matin, je suis saisi d’admiration et je me promets sur-le-champ de changer mes habitudes et de faire quelque chose de différent le week-end. Puis j’en parle à ma compagne, elle me rappelle que nous avons prévu de nous retrouver pour boire des bières ou pour un bon dîner, et j’oublie. Cela dit, s’évader à Chaouen et ne pas faire de randonnée aux cascades d’Akchour est une tentation à laquelle même moi, je ne peux résister.
L’article d’aujourd’hui porte sur l’une des activités les plus recommandées pour ceux qui passent quelques jours dans la ville bleue. C’est parti !
Emplacement
La région des chutes d’Akchour est un petit village situé dans la partie basse de la vallée de Talembote. Il fait partie du grand parc national de Talassemtane. En tant que village, il présente peu d’intérêt, mais les deux itinéraires qui y partent, et que je décrirai ci-dessous, vous permettront de passer une journée différente et de découvrir l’immense richesse géographique du Maroc.
Akchour se situe à un peu plus de 30 kilomètres de Chaouen (environ 40 minutes). En taxi, le prix ne dépasse pas 200 à 300 dirhams pour la voiture entière. Si vous souhaitez faire appel à un guide de montagne, vous pouvez le contacter à votre lieu d’hébergement ou le trouver directement à Akchour. Le tarif se situe généralement entre 150 et 200 dirhams.
L’aide d’un guide est-elle indispensable ? Pas à proprement parler, si vous êtes un groupe de voyageurs relativement motivés et habitués à ce type d’activité. Mais si ce n’est pas le cas, un coup de main supplémentaire est toujours le bienvenu.
Quel itinéraire emprunter pour atteindre les chutes d’Akchour ?
Une fois la rue principale et le parking derrière vous, vous arriverez à un barrage. C’est à ce moment-là que vous devrez vous poser les questions suivantes : quel chemin choisir ? Celui menant au Pont de Dieu, situé à gauche ? Ou celui des chutes d’eau, à droite ? Dans le premier cas, vous longerez la rivière Farda. Dans le second, la majeure partie du trajet suivra la rivière Kelaa.
Pour que tu prennes la bonne décision, et que tu ne me maudisses pas jusqu’à la fin de tes jours pour des douleurs permanentes dans des parties de ton corps dont tu ignorais même l’existence. Sache que le second itinéraire est plus agréable à l’œil, mais plus complexe et irrégulier. Quant au premier, bien que moins spectaculaire, il est plus régulier et sa pente est beaucoup plus raide.
Sachant que le trajet aller-retour pour les chutes d’eau dure un peu plus de deux heures et demie, et que le trajet pour l’autre cascade est réduit de moins de la moitié, je vous conseillerais la première. Si vous ne comptez en faire qu’une, privilégiez la première, car l’expérience est plus enrichissante. Et si vous souhaitez faire les deux, commencez par le Puente de Dios. Il vous faudra en effet toute votre énergie pour gravir des pentes continues.
Mon expérience aux chutes d’Akchour avec un groupe de personnes
Aurez-vous assez d’énergie pour les deux itinéraires ? Vous seul pouvez le savoir, mais si vous êtes du genre à vous fier aux statistiques, sachez que la dernière fois que j’ai fait ce parcours avec un groupe plus important, nous étions quinze, avec une moyenne d’âge d’environ 30 ans. Nous sommes partis de la Grande Cascade et personne n’a eu de difficulté à l’atteindre, malgré une fatigue bien présente.
À notre retour, quatre des quinze personnes souhaitaient également emprunter le deuxième itinéraire. Inutile de préciser que je n’en faisais pas partie. Et lorsqu’ils sont partis, je leur ai dit au revoir avec un grand sourire, imaginant déjà tous les thés et les pâtisseries que j’allais déguster avec le reste du groupe en les attendant.
Bien sûr, à l’exception d’Ali, professeur de sport, tous hurlaient de douleur et de raideur à chaque fois que nous montions ou descendions les escaliers à Chaouen. Attention !
Le parcours des chutes d’eau
Si vous choisissez l’itinéraire dont le but ultime est de voir la Grande Cascade, vous vivrez une expérience qui vous permettra de comprendre l’influence de la rivière Kelaa sur l’environnement. Vous longerez constamment la rivière et la traverserez à de nombreuses reprises.
Première étape : vers la Petite Cascade
Le début du parcours se caractérise par son aspect bucolique, où aires de pique-nique, végétation luxuriante et réservoirs occupent une place prépondérante. La célèbre Petite Cascade marque la fin de cette étape.
C’est sans doute le tronçon idéal pour ceux qui souhaitent une agréable promenade en pleine nature, d’autant plus que le parcours est relativement plat. Et c’est peut-être justement pour cette raison qu’il ne donne pas une idée précise de l’activité dans son ensemble. Soyons clairs : vous aurez envie de prendre des photos devant ces paysages naturels idylliques. N’y consacrez pas trop de temps, car vous risquez d’épuiser l’énergie et le temps dont vous aurez besoin plus tard.
Certaines personnes choisissent de terminer leur parcours à la Petite cascade et de revenir par le même chemin. C’est notamment le cas des personnes en mauvaise condition physique ou accompagnées de jeunes enfants. Dans ce cas, je vous recommande de profiter de l’activité en vous baignant et en dégustant une boisson dans l’une des aires de pique-nique.
Deuxième étape : la difficulté augmente
Une fois la Petite Cascade dépassée, vous constaterez que le paysage change à mesure que la route se rétrécit. La pente s’accentue et l’atmosphère devient plus humide.
Mais ce qui caractérise surtout ce tronçon, ce sont les nombreux passages à gué obligatoires. Généralement, on utilise de petites constructions en béton qui émergent du fond de la rivière. On trouve aussi de gros blocs de pierre disposés à même le sol, un peu plus près du niveau de l’eau et donc beaucoup plus glissants.
Attention : vous risquez de glisser et de vous mouiller les pieds. Le port de chaussettes fines est donc fortement recommandé.
Dernière étape et retour : la Grande Cascade
Finalement, la nature se fera plus hétérogène. Les sentiers continueront de se rétrécir (il vous faudra parfois marcher avec une extrême prudence, faute de rambardes). Les pentes boueuses vous obligeront à vous agripper aux branches et aux arbres qui poussent sur les murs pour éviter de trébucher. D’autres paysages, étonnamment plats et vastes, se dévoileront.
Mais ce qui caractérise le plus cette section, c’est la récompense finale : les Grandes Chutes d’Akchour, une formation géologique de plus de 70 mètres de haut. L’eau s’écoule à travers des couches de mousse et de boue qui, au fil des ans, se sont accumulées et pétrifiées devant une paroi rocheuse.
Malgré l’effort considérable, à votre arrivée, vous comprendrez que le voyage en valait la peine. Car outre le spectacle qui s’offre à vous, vous partagerez une ambiance festive avec les autres participants, qui célébreront et discuteront, chantant, jouant d’instruments rythmiques ou même se baignant dans le bassin alimenté par la cascade.
Il ne nous reste plus qu’à reprendre des forces et à rebrousser chemin. Car, et c’est peut-être le plus gros inconvénient de cet itinéraire, il est impossible de revenir par un autre chemin.
Le pont de Dieu, les chutes d’Akchour
Cet itinéraire longe également la rivière Farda en permanence. Cependant, la perspective est totalement différente, car il suit intégralement le flanc d’une montagne jusqu’au Puente de Dios, une construction naturelle résultant de l’érosion fluviale. Ce pont relie les deux rives du canyon à plus de 30 mètres de hauteur.
Ce sont, sans aucun doute, des expériences différentes et complémentaires. Et si, dans le premier cas, vous ne pourrez faire l’impasse sur les détails, ici, les perspectives qui vous seront présentées seront plus générales.
De plus, si vous voyagez pendant une période de faibles précipitations, vous pouvez effectuer l’activité en suivant le cours de la rivière. C’est un itinéraire similaire à celui qui mène à la grande cascade, mais plus accidenté et moins bien équipé. Il vous faudra donc parfois vous agripper aux parois pour progresser.
Je vous invite à prendre un bain bien mérité une fois arrivés au pont. L’eau sera probablement assez froide et il vous faudra un certain temps pour vous y habituer.
Quelques conseils pour voyager jusqu’aux chutes d’Akchour
Je ne voudrais pas vous quitter sans vous donner quelques recommandations précédentes. La plupart peuvent paraître évidentes, mais je pense qu’il est toujours utile de les rappeler :
Portez des vêtements et des chaussures confortables, ainsi que des chaussettes épaisses. Vous risquez en effet de glisser et de mettre le pied dans l’eau. De plus, s’il fait beau, n’hésitez pas à porter une tenue adaptée pour profiter d’une baignade bien méritée.
Il est également conseillé d’apporter un chapeau et de la crème solaire, car vous n’aurez pas toujours de végétation pour vous protéger du soleil.
Emportez des en-cas, des sandwichs et une bouteille d’eau dans votre sac à dos. Bien que vous trouviez des aires de pique-nique proposant à manger et à boire le long du parcours, elles ne sont pas toutes ouvertes. La difficulté du parcours impliquant des apports réguliers en eau et en calories, il est conseillé d’emporter ces provisions et de vous concentrer uniquement sur la recherche d’une aire de pique-nique pour le déjeuner.
Si vous choisissez de descendre au Puente de Dios, portez des bottines. Tôt ou tard, vous aurez les pieds dans l’eau. Et la douleur à la plante des pieds, en marchant sur les pierres coupantes, sera considérable. Au cas où vous les oublieriez, vous trouverez probablement des échoppes qui en vendent à l’entrée du village.
À retenir, surtout en été : tenez compte des températures lors de la planification de votre itinéraire. Il est préférable d’arriver à la Gran Cascada peu avant le coucher du soleil et de s’y reposer pendant celui-ci.
Et voilà, c’est avec cette dernière recommandation que s’achève cet article sur cette activité incontournable lors d’un voyage à Chaouen. Gros bisous à tous et à bientôt pour un prochain article !
Difficulté : Moyenne/élevée
Entrée gratuite. Coût d’un guide : entre 150 et 200 dirhams pour l’ensemble du groupe.
Quand y aller : Toute l’année, même si l’été est la meilleure période pour faire cet itinéraire, qui vous permettra également de le couronner par une baignade dans les nombreux lagons.
Les chutes d’Akchour se trouvent à proximité de Chaouen. Pour en savoir plus sur ce lieu, réservez l’un de nos circuits au Maroc .