Choses à voir à Tanger
Tanger est une ville antique, ancienne colonie carthaginoise. Elle fut tour à tour romaine, arabe et française. Aujourd’hui, ce territoire est directement rattaché au roi du Maroc. Au milieu du XXe siècle, Tanger s’est retrouvée à plusieurs reprises au cœur de l’actualité politique internationale. Devenue une destination touristique paisible, elle attire les visiteurs grâce à sa longue plage, ses musées, son marché historique et son atmosphère unique, typique de l’Orient ancien. Quels sont donc les incontournables de Tanger ?
Top 10 de
Top 10 des attractions et choses à voir à Tanger
Les piliers d’Hercule et Gibraltar
Gibraltar est sans doute le site naturel et historique le plus célèbre de toute la Méditerranée. Il marque la frontière entre la mer Méditerranée et l’océan Atlantique. Son point le plus étroit se situe à seulement 18 kilomètres de Tanger, ce qui le rend facilement accessible. Côté européen, il s’agit du rocher de Gibraltar (sous contrôle britannique), et côté marocain, du rocher de Jebel Moussa.
Ce lieu était considéré dans l’Antiquité comme la terre officielle de l’Écumène, le monde connu. Cela n’empêcha cependant pas les Phéniciens et les Carthaginois de traverser l’Atlantique à la nage et d’explorer la côte ouest de l’Afrique. La plupart des légendes associent ce lieu au héros Hercule. Selon certaines versions, il aurait percé un étroit détroit à travers les montagnes de l’Atlas. Selon d’autres, au contraire, Hercule aurait rétréci ce large détroit afin d’empêcher d’immenses monstres de surgir de l’océan pour se jeter dans la mer Méditerranée.
grotte d’Hercule
Si peu de gens se rendent au rocher de Djebel Musa, près de Tanger, la grotte d’Hercule, située dans ce massif rocheux, est l’une des attractions touristiques les plus populaires. Ce réseau de grottes se trouve au cap Spartel. À proximité, on trouve un hôtel, une plage, des restaurants, des boutiques de souvenirs et autres commerces.
Cette grotte est connue depuis le Néolithique. Les premières découvertes remontent au VIe millénaire avant J.-C. Les Phéniciens l’utilisèrent ensuite et y creusèrent une autre entrée, côté mer. La grotte fut considérablement agrandie au Moyen Âge. Des carrières y étaient exploitées : on y extrayait de la pierre pour fabriquer des meules, servant à presser l’huile d’olive et d’argan. Une légende raconte qu’il est possible de traverser Gibraltar par cette grotte grâce à un système de passages. Les rochers du côté anglais regorgent également de grottes karstiques, car ils sont composés de la même roche.
Longtemps restée secrète aux seuls habitants de la région, la grotte fut découverte par les Français en 1878 et, au début du XXe siècle, elle servit de maison close. Depuis 1952, elle est officiellement classée au patrimoine mondial de l’UNESCO et transformée en musée. Aujourd’hui, la grotte est entièrement aménagée pour les touristes : plancher en bois, éclairage électrique et panneaux d’information. Elle accueille des visites guidées et, parfois, des concerts.
forteresse de la Kasbah
Le mot même de « Kasbah » désigne la citadelle, et c’est assurément l’un des sites incontournables de Tanger. Cette forteresse fut construite en 1771, bien que des structures fortifiées existassent à cet emplacement bien plus tôt : on y trouvait d’abord des fortifications phéniciennes, puis byzantines médiévales, puis portugaises. Chaque nouvelle forteresse absorba les vestiges de la précédente. Au XVe siècle, de puissantes fortifications furent érigées par les Portugais. Le territoire passa ensuite sous domination britannique. Tanger devint la dot de Catherine de Bragance, épouse du roi d’Angleterre Charles II. En 1679, les Marocains reprirent la ville, mais lors de violents combats, la forteresse fut gravement endommagée.
La citadelle fut entièrement reconstruite au XVIIIe siècle sous le sultan Moulay Ismaïl ben Chérif, qui entreprit un vaste programme de construction et de rénovation des forteresses maritimes à travers le pays. Durant son règne, 76 forteresses furent érigées au Maroc. Sur l’un des bastions préservés se trouve aujourd’hui une plateforme d’observation offrant une vue imprenable sur Gibraltar. La porte de Bab el-Assa, vestige de l’époque portugaise, et la plus récente porte de Bab Fash mènent à la forteresse.
Le palais du sultan Dar el Mahzen et ses musées
À l’intérieur de la citadelle se trouve l’un des principaux attraits de Tanger : le palais du sultan Dar el-Mahzen, qui abrite aujourd’hui un musée. Ce palais fut construit au XVIIIe siècle pour le sultan Moulay Ismaïl ben Chérif, surnommé « le Sanguinaire » par ses sujets pour sa cruauté et son intensité au combat. C’est lui qui est décrit dans le célèbre roman « Angélique et le Sultan ». Cependant, le palais ne fut pas bâti pour le sultan lui-même, mais pour l’un de ses plus illustres commandants et dirigeant de facto de Tanger, Ahmad Ben Ali Al-Rifi. La décoration du palais conserve des éléments provenant d’anciennes structures romaines, comme en témoignent les mosaïques de sol romaines.
Depuis 1922, le bâtiment abrite un musée, ou plutôt deux musées : le Musée archéologique et le Musée d’art marocain. Le Musée archéologique retrace principalement l’histoire antique de la région : on y trouve des objets phéniciens, grecs, carthaginois et romains découverts lors de fouilles dans la ville et ses environs. Le Musée d’art présente des œuvres plus tardives du Moyen Âge ; la visite des deux musées permet donc d’avoir une vision complète de l’histoire de la région.
Grande mosquée
La mosquée fut construite sous le règne de Moulay Ismail ibn Sherif, à l’emplacement de l’ancienne cathédrale catholique portugaise, au cœur de la citadelle. La cathédrale, selon la légende, aurait été érigée sur le site de l’ancien temple d’Hercule. En 1815, la mosquée fut rénovée et reconstruite, acquérant ainsi son aspect actuel. C’est un très bel édifice aux élégantes couleurs blanches et vertes, avec un portail en bois sculpté richement orné et de faïences marocaines typiques. Sans conteste, l’un des sites incontournables de Tanger.
La mosquée a été construite selon les traditions locales, très différentes des traditions arabes. Il ne s’agit pas d’un édifice traditionnel à dôme et quatre minarets, mais d’un bâtiment rectangulaire surmonté d’un unique minaret. Ce choix architectural s’explique en partie par le fait que la mosquée repose sur les anciennes fondations rectangulaires d’une cathédrale catholique, elle aussi dotée d’une tour centrale. En face de la mosquée se trouve une madrasa, construite simultanément dans le même style.
Hôtel « Continental »
L’hôtel Continental est le plus ancien, le plus cher et le plus célèbre de Tanger. Son bâtiment, construit au XIXe siècle dans le style andalou, est considéré comme l’un des monuments architecturaux nationaux du Maroc.
L’hôtel est en activité, et même si vous n’y séjournez pas, le hall et le restaurant valent le détour. On s’enorgueillit d’avoir accueilli l’impressionniste Alexandre Degas. Le Continental rivalise ici avec un autre hôtel prestigieux de Tanger : le Grand Hôtel Villa de France, où a séjourné Albert Matisse, autre grand peintre impressionniste. Mais les Rolling Stones, eux, ont bel et bien séjourné au Continental !
Ses intérieurs, soigneusement préservés depuis le XIXe siècle, offrent un luxe exceptionnel. C’est là qu’a été tourné le film « Casablanca » de 1942 avec Ingrid Bergman et Humphrey Bogart : cet hôtel sert de décor au club « Chez Rick », où se déroule l’essentiel de l’action du film.
La ville bleue de Chefchaouen
Chefchaouen, un lieu d’une beauté exceptionnelle tout près de Tanger, est une petite ville fondée en 1471 sur l’emplacement d’un ancien village berbère. Une mosquée et une petite forteresse y furent ensuite construites. À la fin du XVe siècle, la ville devint le centre de la communauté séfarade. De nombreux Juifs s’y installèrent après l’expulsion d’Espagne et du Portugal. La légende raconte que ce sont eux qui ont instauré la tradition de peindre les murs des maisons de la ville exclusivement en bleu.
Longtemps considérée comme un lieu sacré, la ville était interdite aux non-Juifs. Aujourd’hui, la communauté juive a presque entièrement disparu, la plupart de ses membres ayant émigré en Israël. Mais la tradition est inscrite dans la loi. Ici, les maisons ne peuvent être peintes que dans des tons de bleu et de bleu clair, et la qualité de la peinture est rigoureusement contrôlée et régulièrement renouvelée.
Médina de Tanger
Autour de la vieille citadelle s’étend la médina, la vieille ville devenue quartier touristique, qui abrite également le marché. On y trouve d’étroites ruelles d’un blanc immaculé où il est facile de se perdre, des passages en pente à plusieurs niveaux, des escaliers pittoresques, une multitude de boutiques et d’échoppes. C’est assurément l’une des attractions incontournables de Tanger.
Il peut y avoir du bruit, les vendeurs peuvent interpeller les clients, mais en général, les bazars de Tanger sont assez civilisés et les vendeurs ne sont pas aussi insistants qu’ailleurs. Il n’est donc pas étonnant que les touristes se plaignent parfois que Tanger « ne soit pas tout à fait le Maroc ». On y parle davantage français ou espagnol qu’anglais, comme partout dans le pays.
De nombreuses maisons ont été construites aux XVe et XVe siècles – les dates correspondantes sont inscrites ou gravées dans la pierre. Est-ce plausible ? Bien sûr, il est fort probable que les murs aient été reconstruits et réparés depuis le XVe siècle, mais ces rues sont en réalité plusieurs fois centenaires et n’ont pas changé depuis cette époque.
Musée de la mission diplomatique américaine
Un musée plutôt insolite. Il rappelle que, parmi tous les pays africains, c’est le Maroc qui fut le premier à reconnaître l’indépendance des États-Unis. Une mission américaine fut ouverte à Tanger en 1821, et le musée se trouve sur le site de l’ancien bâtiment de cette mission.
Il s’agit d’un bâtiment de cinq étages abritant une exposition pour le moins insolite. La lettre de George Washington au mollah Abdallah y côtoie l’histoire de Paul Bowles et des beatniks. On y trouve également une vaste collection d’art oriental, principalement contemporain, consacrée aux pays du Moyen-Orient. Le joyau de la collection est la « Mona Lisa marocaine », une peinture de l’artiste James McBee représentant sa servante à la peau sombre.
Jardin de Mendubia
Le jardin de Mendubia est le principal parc de la ville. Fondé au XIIe siècle au nord de la médina, il abrite encore aujourd’hui quelques arbres remarquables, dont un immense dracaena vieux d’environ huit cents ans. La légende raconte qu’il renferme l’esprit d’un souverain cruel, mais nul ne se souvient de lequel – aucun des sultans marocains du Moyen Âge n’étant réputé pour sa clémence.
Cependant, le parc est très ancien et compte des arbres centenaires. On y trouve également de nombreux arbustes et fleurs. Il est agréable de s’abriter de la chaleur parmi les fontaines et les bassins, mais attention : le jardin est fermé pendant la sieste, de midi à 15 h.