Fantasia Marrakech
Avant de quitter Marrakech et le Maroc, il faut absolument assister à au moins une fantasia ou une tbourida. Cette course folle de cavaliers intrépides, lançant leurs chevaux au galop, les montre en train de tournoyer dans les airs comme des cimeterres. C’est sans conteste l’un des moments les plus saisissants de la culture fascinante et mystérieuse de ce pays extraordinairement riche en histoire, en art et en traditions populaires. Si vous avez la chance d’y assister, au milieu des cris, des sauts frénétiques et des coups de feu, vous ne pourrez qu’admirer ces hommes qui se dressent sur leurs selles au point de défier toute notion d’équilibre. Quant à ces animaux, les chevaux berbères, petits mais forts et infatigables, ils se croisent, se frôlent et s’élancent à toute allure dans des nuages de poussière jaune.
Les moukouhlas, les longs fusils des cavaliers, sont d’une grande beauté et d’une ornementation remarquable. Prenant des formes très variées, beaucoup sont plus légers, avec une crosse ornée d’ivoire, d’argent et d’or. Chaque tribu possédait ses propres marques distinctives. Tous les cavaliers portent une poire à poudre en cuir ou en tissu épais, toujours en état de marche, et ces hommes du vent et de la poussière arborent à leur ceinture un poignard courbe et très aiguisé.
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Combien de temps dure la fantaisie au Maroc ?
Parfois, les fantasias durent des heures. Elles puisent leurs racines dans l’histoire et la tradition des moussems. Outre les pèlerinages aux tombeaux des saints, qui, une fois la partie religieuse de la cérémonie terminée, laissent place aux festivités et aux charges, les grandes réunions de la fête des dattes, en octobre à Erfoud, ou encore la fête des cerises et des roses, sont des occasions propices à l’organisation de fantasias. On en organise également pour la fête du mouton, durant le mois choisi pour le pèlerinage à La Mecque. Enfin, pour Mouloud, fête commémorant la naissance du prophète Mohammed (né vers 570 à La Mecque, mort à Médine en 632), les fantasias sont également organisées.
Au contraire, parler de danse, c’est s’aventurer dans le monde magique de la musique et des sons, des instruments précieux et des rythmes envoûtants. C’est en effet évoquer les fruits de la tradition berbère et de sa rencontre avec la civilisation islamique. Ceux qui se trouvent à Marrakech à l’occasion du Festival national, qui a lieu chaque année début juin, pourront apprécier ce spectacle remarquable au sein du Palais al-Badi.
L’importance de la musique et de la danse dans la fantaisie (Maroc)
Au Maroc, la musique et la danse font partie intégrante du quotidien, hier comme aujourd’hui. Aucune occasion joyeuse ne se déroule sans musique et danse. Là encore, la culture arabe s’est mêlée à la tradition berbère, au point qu’il est aujourd’hui impossible de distinguer Berbères et Arabes, désormais unis, appartenant par ailleurs au même groupe racial europoïde.
Pour les premiers Berbères, ces peuples mythiques à l’origine de toute chose, qui auraient habité le fantastique écrin de l’Atlantide, la musique et les danses revêtaient une importance fondamentale, dans une perspective culturelle davantage liée à la tradition orale qu’à la tradition écrite. Les instruments accompagnant la danse et le chant vont du tambour en terre cuite au son sourd, dont les peaux sont chauffées au feu pour en modifier la sonorité, au gembri, une petite guitare à trois cordes, en passant par les flûtes aux sonorités stridentes, le tout sur un fond souvent obsessionnel de claquements de mains qui soulignent, exaspèrent, scrutent les mouvements et les paroles.
La danse amazighe au Maroc
Ahwach : Les danses de la Fantaisie berbère dans l’Anti-Atlas du Maroc
L’Ahawach, danse berbère originaire de Ouarzazate et de la région de langue ttaselhit (sud-ouest du Maroc, zone comprenant l’Atlas occidental et central, la vallée du Souss et l’Anti-Atlas), est sans doute la plus célèbre. Également connue sous le nom d’« opéra berbère », elle peut rassembler jusqu’à 200 personnes et atteindre des rythmes et des moments d’exaltation collective. Au centre de la kasbah, un grand feu est généralement allumé. Les hommes se tiennent d’un côté et les femmes en demi-cercle. Un homme, au centre, dirige les danses et la musique, tandis que les femmes exécutent des mouvements frénétiques et envoûtants.
Ahidous :
Dans la région tamazight, où l’on parle une des langues berbères, une autre danse collective, l’Ahidous, s’est développée. Son principal signe distinctif est la participation des femmes qui poussent des cris puissants. Citons également la Guedra, qui tire son nom d’une amphore recouverte de peau.
Il s’agit d’une danse du désert, originaire d’Afrique subsaharienne, exécutée par une seule femme. Agenouillée et vêtue d’un grand manteau sombre, elle se tient au centre d’un cercle d’hommes. La danseuse est généralement très jeune. Elle porte habituellement un voile noir qui ne couvre pas son visage et ses cheveux sont tressés et ornés de bijoux en argent. Sa danse est envoûtante, avec des mouvements de plus en plus rapides des hanches, des mains et de tout le corps, s’arrêtant brusquement. Toujours d’origine africaine, et plus particulièrement soudanaise, on trouve les groupes de danseurs Gnawa qui se produisent sur la place Jamaa el-Fna.
Fantaisie marocaine comme folklore marocain
Le meilleur conseil pour ceux qui souhaitent découvrir le folklore marocain et assister à l’ensemble des traditions populaires et leurs manifestations est de se laisser bercer par le spectacle incessant qui se déroule sous leurs yeux sur la place Jemaa el-Fna. Sans oublier les nombreux souks de la Kissaria. Et puis, il y a le vieux centre-ville, le marché, à l’intérieur de la médina, autrefois fermée par de lourdes portes à la nuit tombée. Là, tout témoigne de traditions, d’usages et de coutumes encore bien vivants aujourd’hui. Des mets raffinés aux vêtements des hommes et des femmes, en passant par l’artisanat, sans oublier les plantes des maisons où chaque fontaine nous parle du passé.
Sur la place, vous verrez les célèbres charmeurs de serpents. Vous y découvrirez aussi le témoignage d’un culte qui rappelle l’influence millénaire de l’Inde. Une autre légende explique l’origine de la plus ancienne manifestation de l’artisanat marocain : celle des tapis, avec leurs couleurs et leurs motifs magnifiques. Certains racontent qu’une cigogne, dans un passé lointain, aurait déposé sur une maison un morceau de tapis tissé en Asie Mineure, une terre presque inaccessible. Les femmes qui l’auraient trouvé se seraient mises à fabriquer des tapis, tous plus beaux les uns que les autres. Peu de peuples au monde ont su, comme les Berbères, rassembler les expériences de leur histoire et les faire vivre. Transformées ou pleinement assimilées, elles leur ont insufflé leur propre identité sans jamais se renier.