Que voir à Rabat, au Maroc ?
Notre périple à travers le Maroc s’achève dans la capitale. Nous vous dévoilons les incontournables de Rabat en 24 heures. La ville qui nous a le plus surpris lors de notre voyage.
Notre périple de dix jours à travers le Maroc s’est achevé avec Rabat, notre dernière étape. Capitale du pays, Rabat est l’une des quatre villes impériales avec Meknès, Fès et Marrakech.
Nous pouvons vous dire que c’est peut-être la ville qui nous a le plus surpris, car nous n’en attendions pas grand-chose. Passer une journée à visiter ses rues et ses lieux les plus emblématiques valait vraiment le coup.
À Rabat, nous avons passé un peu moins de 24 heures, ce qui nous a permis de découvrir beaucoup de choses sur la ville. Mais ce que nous avons vu nous a beaucoup plu car, étant moins touristique que d’autres villes que nous avons visitées, on peut mieux s’imprégner de l’essence même du Maroc.
Une journée à Rabat : que voir et que faire ?
Dans cet article, nous vous proposons un itinéraire d’une journée à Rabat pour découvrir la ville. Explorez son centre historique et ses incontournables, comme la Kasbah des Oudayas. Ne manquez pas non plus le complexe où se côtoient le mausolée du roi Mohammed V et la tour Hassan, restée inachevée.
La médina de Rabat
Après avoir visité l’imposante mosquée Hassan II à Casablanca, nous sommes arrivés à Rabat en milieu d’après-midi. Juste le temps de déposer nos bagages au riad où nous logions. Nous allions ensuite flâner dans la médina. L’un de nos critères principaux pour choisir un hébergement est son emplacement idéal pour visiter la ville. Le Riad Sakina, où nous avons séjourné, ne faisait pas exception. Il était situé dans la médina, près de la porte Bab Laalou.
La médina de Rabat est sans conteste la moins touristique et la moins fréquentée de toutes celles que nous avons visitées. C’est donc celle dont nous gardons le meilleur souvenir, pour son authenticité et la possibilité de vivre pleinement l’expérience. Dans ce dédale de ruelles, pour la plupart étroites et à l’agencement parfois surprenant, nous avons pu apprécier l’essence même du Maroc et, pour notre part, faire nos derniers achats de souvenirs.
Les prix à Rabat sont légèrement inférieurs à ceux des autres médinas. Il est donc fortement conseillé d’y acheter des souvenirs, notamment de l’huile d’argan que nous avons trouvée à presque moitié prix par rapport aux boutiques de Marrakech.
À l’intérieur de la médina, entourée de remparts d’un peu plus de 5 kilomètres de long, on trouve, outre des boutiques et des restaurants (plutôt des fast-foods), la mosquée El Qoubba. Située rue Sidi Fatah, comme la plupart des mosquées, les non-musulmans devront se contenter de l’admirer de l’extérieur. Pour information, la boutique où nous avons acheté l’huile d’argan se trouve juste en face de l’entrée principale de la mosquée.
Le quartier juif
Un autre lieu intéressant à visiter dans la médina de Rabat est le quartier juif du Mellah, qui date du début du XIXe siècle. À cette époque, environ 6 000 Juifs qui vivaient dans la région furent contraints de s’y installer. Il constitua pendant de nombreuses années l’une des principales enclaves juives du pays.
À titre de précision, jusqu’à la création de l’État moderne d’Israël, entre 250 000 et 300 000 Juifs vivaient au Maroc vers 1948. Dans les années 1950, la quasi-totalité de cette communauté a quitté le pays. Aujourd’hui, la population juive du Maroc ne compte plus que 5 000 personnes, la plupart s’étant installées à Casablanca.
La Kasbah des Oudayas
Rabat recelait un trésor dont nous n’avions jamais entendu parler avant d’arriver dans cette ville : la Kasbah des Oudayas. Située à une dizaine de minutes à pied de la médina, c’est l’un des plus beaux endroits que nous ayons visités durant notre voyage. Son origine remonte au XIe siècle ; elle avait pour but de protéger la ville des pirates et des ennemis.
La Kasbah des Oudayas est un quartier fortifié. Située sur un point culminant de la ville, elle offre une vue imprenable sur la confluence de Rabat et de l’océan Atlantique, à l’embouchure du fleuve Bu Regreg.
Les remparts de la Kasbah des Oudayas enserrent un village à part, bien différent du reste de Rabat. On y déambule dans un dédale de ruelles peintes en bleu et blanc, dans un style marin des plus authentiques, avec des détails ornementaux qui confèrent au lieu un charme particulier. On dit que ce style d’habitation ressemble beaucoup à celui de Chefchauen. Les photos semblent le confirmer, mais il faudra s’y rendre pour le vérifier par soi-même.
Outre le plaisir de flâner dans les rues, il ne faut pas manquer la Kasbah des Oudayas :
- la porte Bab Oudaya, qui est l’impressionnante porte principale des remparts de la citadelle.
- Le jardin andalou, avec son ambiance andalouse et ses orangers.
- la terrasse du Café Maure, pour prendre un thé avec vue sur le fleuve à son embouchure.
- la mosquée Jemâa Al Atiq, qui est la plus ancienne mosquée du Maroc.
Le Palais Royal
Après avoir été impressionnés et plus que surpris par la kasbah, nous nous sommes dirigés vers le Palais Royal de Rabat. Il se trouve à environ 10 minutes en voiture. Nous y sommes allés, comme pour tout le voyage, avec notre chauffeur Hamza. Mais si vous y allez par vous-même, vous pouvez prendre un taxi ou même faire le trajet à pied s’il ne fait pas trop chaud.
Depuis le Palais Royal, on ne voit que la porte, et encore, à bonne distance. Il est curieux, voire amusant, de voir comment les gardes et les policiers, toujours présents, interpellent les touristes qui s’approchent trop près, les pressant – de manière peu courtoise – de s’éloigner de l’entrée du palais.
Comme vous pouvez le constater, la visite n’attire pas beaucoup de touristes. Outre la façade du palais, le point d’intérêt principal est le Mechouar, une vaste cour utilisée pour les grandes assemblées publiques. On y trouve également une mosquée qui, en théorie, est réservée aux membres de la famille royale.
Mausolée de Mohammed V
Sur l’esplanade de la Tour Hassan se dresse l’un des édifices les plus imposants, les plus beaux et les plus chargés d’histoire de Rabat et du Maroc en général : le mausolée de Mohammed V, tombeau royal abritant les dépouilles du roi Mohammed V et de ses fils, Hassan II et Moulay Abdellah.
Ce bâtiment, dominé par une couleur blanche qui reste presque immaculée malgré le passage du temps, a été construit entre 1961 et 1971. Sa décoration a mobilisé plus de 400 artistes marocains.
On peut affirmer que le roi Mohammed V est sans doute la figure la plus importante de l’histoire du Maroc. C’est lui, à son retour d’exil de Madagascar, alors connu sous le nom de sultan Mohammed ben Youssef, qui proclama l’indépendance du royaume du Maroc le 18 novembre 1955. Des milliers de visiteurs se rendent encore aujourd’hui en ce lieu pour vénérer sa dépouille et celles de ses descendants.
La visite de ce mausolée est incontournable, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. De là, on peut apercevoir les tombeaux des rois depuis un petit belvédère aménagé pour l’occasion.
Le mausolée est constamment gardé par plusieurs gardes royaux. Ils sont le sujet de prédilection des centaines de visiteurs qui s’y pressent presque en permanence. Il est également important de vérifier les horaires d’ouverture du mausolée et d’espérer ne pas être de passage lors de la visite d’une personnalité importante, car dans ce cas, les portes d’accès sont fermées pour une durée indéterminée.
La tour d’Hassan
Comme nous l’avons mentionné, le mausolée de Mohammed V se trouve sur l’esplanade de la tour Hassan. Il s’agit du minaret inachevé de la mosquée du même nom, adossé au mausolée.
La tour Hassan était la cerise sur le gâteau de ce qui allait devenir l’une des plus grandes mosquées du monde. Sa construction fut ordonnée par le souverain Yacoub al-Mansour. L’objectif était d’en faire la deuxième plus grande mosquée au monde, après celle de Samara en Irak.
Le problème réside dans le fait qu’à la mort du souverain, la construction de la mosquée fut interrompue en raison de son coût exorbitant, et celle de la tour fut brutalement arrêtée. Celle-ci s’arrêta à 44 mètres de hauteur au lieu des plus de 60 initialement prévus. De ce projet de mosquée, outre la tour, subsiste une forêt de colonnes inachevées qui confèrent à l’esplanade une atmosphère mystique.
La tour Hassan, à titre d’anecdote, a été conçue comme la « sœur » de deux minarets mondialement célèbres. Elle est comparable à la mosquée Koutoubia de Marrakech et à la Giralda de Séville, qui lui est très chère.
Avenue Mohammed V
L’avion n’attend pas, même s’il arrive parfois en retard sans prévenir. Notre visite de quelques heures à Rabat touchait donc à sa fin. Avant de nous précipiter dans le premier restaurant venu pour déjeuner, nous avons pris le temps de flâner sur l’avenue Mohammed V. C’est un quartier complètement différent de ceux que nous avions visités auparavant : les petites rues étroites laissent place à de larges avenues modernes.
C’est sur cette avenue que se trouvent la grande majorité des institutions, notamment l’ambassade d’Espagne, la poste centrale et même la gare. Nous ne l’avons pas utilisée, mais elle constitue un moyen de transport tout à fait valable pour se rendre à Meknès ou à Fès.
Dans ce type de rue, on trouve également la Ville Nouvelle. Il s’agit du premier quartier construit par les Français au début du XXe siècle, lors de leur protectorat.
La nécropole de Chellah
Il faut dire que dans presque toutes les villes que nous avons visitées au Maroc, nous n’avons pas pu tout voir. Cette fois-ci, faute de temps, nous n’avons pas visité la nécropole de Chellah, un complexe d’origine phénicienne et romaine situé dans l’ancienne ville de Salé, à environ 2 kilomètres du centre historique de Rabat.
Ce Chellah est une vaste fortification dotée d’une porte imposante. À l’intérieur, l’archéologue qui sommeille en nous peut se réveiller et découvrir, dans un décor digne d’Indiana Jones, des vestiges phéniciens, romains et arabes : un forum en ruine, un hammam et quelques maisons d’époque.
Ce lieu fut abandonné pendant de nombreuses années jusqu’à ce que les Arabes l’occupent et y construisent une mosquée, des sanctuaires et même une madrasa.
C’est l’un des rares endroits à Rabat où l’entrée est payante. Rassurez-vous, l’entrée à la nécropole de Chellah ne coûte que 10 dirhams, soit moins d’un euro.
Se loger et se restaurer à Rabat
L’offre de riads à Rabat est assez variée. N’étant pas une ville très touristique, en théorie, vous devriez y trouver facilement un logement. Nous avons séjourné dans la médina, car nous aimons être au cœur de l’animation urbaine. À Rabat, le seul inconvénient est que, ne pouvant y accéder en voiture, nous devons porter nos bagages pendant un bon moment. Mais rien d’insurmontable.
Riad Sakina
Nous avons séjourné au Riad Sakina à Rabat. Cet établissement relativement récent était tenu par un Français, Gilles, qui nous a raconté son histoire et comment il était venu de France pour gérer un riad à Rabat.
C’est un hébergement plus que convenable, propre et confortable, avec un petit-déjeuner très complet. Sans aucun doute un excellent choix pour passer une ou deux nuits dans la capitale du Maroc.
Le bateau de Rabat (Le Dhow)
Amarré sur le Bu Regrer, nous avons découvert ce restaurant-bar-lounge où nous avons dîné lors de notre dernière soirée au Maroc. Il s’agit d’un bateau en bois construit en Inde (voir le processus de construction du Dhow Rabat). L’idée est de plonger le client dans un univers similaire à celui du navire du Capitaine Crochet. Bien que le projet initial fût d’installer le bateau à Dubaï, il a finalement trouvé sa place à Rabat. C’est sans conteste l’un des lieux de loisirs et de gastronomie les plus prisés de la ville.
Le bateau propose différents types de restauration, allant d’un restaurant raffiné où la cuisine française est à l’honneur et où le prix moyen ne descend pas en dessous de 40-50 € par personne, à un restaurant plus irlandais. Nous avons opté pour ce dernier, où nous avons pu déguster un bon hamburger et une bière pour un peu plus de 10 € tout en écoutant de la musique en direct.
Ce n’est pas une expérience très marocaine pour clore le voyage. Mais on ne peut nier que c’est un endroit différent, d’une beauté visuelle saisissante.
Nous espérons que notre article sur les incontournables de Rabat vous a plu. Nous vous invitons à découvrir cette ville qui ne manquera pas de vous surprendre.